2010, une année déterminante
Pour son 65e Congrès national, la Fédération Francaise avait choisi Épinal. L'occasion de tirer un premier bilan pour la nouvelle équipe en place, à l'amorce d'une période déterminante pour l'avenir de la pétanque et du jeu provençal.
Le décor était planté. Épinal : son imagerie, ses contes de fées, son Palais des Congrès, aussi. Un tableau de choix pour recevoir le 65e Congrès national de la F.F.P.J.P., organisé juste au sortir des fêtes de fin d'année.
L'occasion pour certains de faire connaissance avec les nouveaux acteurs de la pétanque et du jeu provençal. Nouvelle équipe, nouveau président, et bilan collectif après un peu plus de dix mois : un rendez-vous indispensable et attendu, entre les instances dirigeantes et le réseau des responsables de ligues et comités.
Question sur toutes les lèvres : allait-on assister à un changement de cap spectaculaire pour faire face au grand défi de la baisse des effectifs licenciés ? Ce ne fut pas le cas, les congressistes préférant aborder d’autres priorités comme l'intérêt des compétitions ou la motivation des jeunes. Deux points certes essentiels pour l'image d’un sport en manque de reconnaissance au plus haut niveau.
Autre point d’importance en ce début d'année : le retrait de l'Etat sur une partie de ses engagements. Pas sans conséquence, au moment où les ressources diminuent.
Solidarité et unité
Malgré la sérénité des échanges, il planait pourtant comme un sentiment de frustration dans l’assistance au terme des débats. Comme un goût d'inachevé. Au chapitre des regrets : l'absence d'un projet et d'objectifs concrets. Certains sujets ne méritaient-ils pas plus d'égards ?
A commencer par la question des licences et leur contenu, un dossier prioritaire auquel 2010 devra bien apporter des solutions. La suppression de l'alcool, ou encore la question vitale du rajeunissement des effectifs, auraient aussi supporté une attention plus marquée.
La présentation du budget prévisionnel, exercice de style toujours délicat, aura, elle, laissé une impression d'examen de passage réussi. Une bonne note, quand on se remémore les couacs des années précédentes.
Aujourd’hui, si le mot d'ordre semble mettre en avant la solidarité et l'unité, ne tardons pourtant pas à faire les bons choix, car le temps presse. Pour sa première année d'investiture, l'équipe en place a montré son désir d'avancer, avec à sa tête un Alain Cantarutti parfois hésitant dans le rôle du président volontaire, mais à l'évidence soucieux de construire sur le long terme. Souhaitons pour la F.F.P.J.P. qu’il s’agisse bien d’une première année de refondation.
Le Congrès national en chiffres
- Le Congrès national était organisé par le CD88 et son président Jean-Pierre Bischoff.
- Les 23 ligues étaient représentées.
- 100 des 105 comités étaient représentés.
- L'exercice 2009 présente un déficit de 122 602 euros.
- Le budget prévisionnel pour 2010 s'élève à 1 912 000 euros.
- En 2009, les licences sont passées de 350 599 à 315 951, soit une baisse de 34 648.
- Le nombre de clubs est passé de 6407 à 6311 (-96).
Boulisme
Jean-Pierre Jaquet, Boulisme.
Russie, l'effet boule de neige
Après moins de dix ans d’existence, la Fédération russe de pétanque vit surtout grâce à l’engagement personnel de ses membres. Pour les moyens financiers, on verra plus tard.
Avec un nom pareil, des images de mer, de dauphins et de soleil envahissent l’esprit. Xavier Pellizzari n’a pourtant aucun lien avec l’Italien Umberto Pelizzari, le champion d’apnée des années 90. Celui-là est français, joueur de pétanque et membre de la Fédération… russe.
Débarqué dans le plus vaste pays du monde à l’été 2002 pour un emploi, cet ancien de la Boule chevillaise, un club du Val-de-Marne, a intégré le Conseil fédéral fin 2005. Presque par hasard. "Un soir, devant l’Ambassade de France à Moscou, je croise la secrétaire d’Evgeny Ossekin, le président de la fédé, qui finit par m'inviter à un concours de pétanque, que j’ai d’ailleurs remporté avec mon fils, Alban. C'est là que j'ai rencontré Evgeny".
Depuis, les deux ne se lâchent plus et ce dernier a même confié les rênes au Français. Sa mission ? Partir de zéro, sans moyen, et emmener la Russie le plus haut possible. "Le problème, c’est que nous n’avons aucune aide", souffle-t-il. "Et chaque joueur doit payer ses déplacements".
Quelques billets sur un coin de table...
En contact avec le Directeur technique national de la FFPJP, ce Lot-et-Garonnais de 48 ans a coaché la sélection nationale russe lors des Championnats du monde 2006 à Grenoble et 2007 à Pataya, avant d’endosser le maillot de joueur l’année suivante à Dakar, sous la direction de Luba, sa femme, devenue entraîneur.
"On a terminé dans les dix derniers", lance-t-il. "Mais pas dernier. C’est déjà un début". Sport tout neuf en Russie, la pétanque est considérée comme telle et pratiquée par des joueurs entre 25 et 45 ans.
Problème, et pas des moindres, le Ministère des sports ne reconnaît pas encore la fédération. "On fait le forcing pour y parvenir. Mais si on ne laisse pas traîner quelques billets sur un coin de table, on a du mal à se faire entendre…"
Evgeny, Luba, Xavier et Sacha, le frère d'Evgeny.
En attendant, les inconditionnels jouent, souvent comme des acharnés. "Avec Evgeny et Oleg Petrov, un joueur de Smolensk, une ville à 400 km de la capitale, nous avons monté une équipe et remporté la Coupe de Russie des clubs. Lui et sa femme Katia, sont des purs et durs de pétanque. Ils n’ont pas hésité à abattre des cloisons pour bâtir un boulodrome dans leur maison."
Presque une obligation, tant la Russie pèche par manque de moyens avec seulement trois terrains couverts sur l’ensemble du territoire, à Moscou, Saint-Pétersbourg et Kaluga. Les autres restent dehors, même par grand froid, et continuent à jouer, parfois dans la neige. A force de regarder, d’autres vont suivre et venir gonfler les rangs de la fédération. Un début d’effet boule de neige…
Repères
Fédération russe de pétanque
Nom officiel : Российская Федерация Петанка
Date de création : 2002
Membre de la FIPJP depuis 2002
Licenciés : 96
Président : Evgeny Ossokin
Contact : mbee@inbox.ru
Web : www.petanque.ru
Boulisme
Marc Pheulpin, Boulisme.
LA PETANQUE AUX JEUX OLYMPIQUES EN 2012?
Voici un article intéressant paru dans l'Express:
La candidature parisienne à l'organisation des JO de 2012 suscite les convoitises les plus inattendues. Et pas forcément les moins farfelues. La possibilité de voir Paris devenir ville hôte des Jeux a aiguisé les ambitions olympiques des joueurs de pétanque. «Nous répondons à tous les critères du CIO pour intégrer le programme officiel des JO, affirme Claude Azéma, président de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP). Notre sport est joué sur les cinq continents, dans près de 60 pays, sa pratique est mixte et sa médiatisation internationale de plus en plus forte.» Membre influent de la Confédération mondiale des sports de boules, qui regroupe la pétanque, la boule lyonnaise et la rafle, Azéma rêve d'olympisme comme d'autres de plus-values boursières. Déjà au programme des Jeux mondiaux, de ceux d'Asie du Sud-est et des Jeux méditerranéens, la pétanque est le cinquième sport français par le nombre de pratiquants (près de 6,5 millions).
Son développement en Afrique et en Asie s'accélère grâce, notamment, à l'envoi de «missionnaires français» dans les régions à évangéliser à l'art du carreau. Le 8 juillet, à Singapour, lors de la 117e session du CIO, les caciques de l'organisation voteront pour l'éviction ou l'admission d'un sport ou de plusieurs au programme des JO de 2012. Pour la pétanque, l'espoir est mince, mais il existe. «Notre lobbying s'appuie sur des présentations de dossiers et des rencontres», confie Claude Azéma.
Récemment, lors d'un tournoi, les sports de boules auraient acquis à leur cause deux membres du CIO: le Tunisien Mohamed Mzali et le Thaïlandais Nat Indra pana, tous deux «pétanqueurs» dans l'âme. «La pétanque est porteuse de culture française, explique-t-on à la FFPJP. Les Coréens ont fait intégrer le taekwondo et les Américains le softball. Je ne vois pas pourquoi nous nous priverions de récolter des médailles…» Pagnol n'aurait pas mieux dit.
Allons-nous enfin voir des résultats concrets de la politique de la FFPJP pour faire reconnaître la pétanque comme un sport Olympique?